Écrit

Une vie de motard…

V.D.M c’est donc une vie de motard, et pas une vie de merde, quoique…  entre les pannes, la pluie, la chaleur, les chutes, et j’en passe, on se demande parfois pourquoi on s’entête à vouloir rester sur deux roues. Mais ce sont des pérégrinations qui s’effacent bien vite devant une asphalte parfaite et l’impression de voler au coeur des paysages. Ou tout simplement lorsqu’on se retrouve tranquille dans son atelier à bricoler sur nos machines. Pour moi une vie de motard c’est autant de temps passé sur la moto qu’à côté de la moto. C’est l’odeur du goudron les soirs d’été et celle de l’essence qui flotte dans le garage.

ça commence à 14 ans, lorsqu’avec ma voix d’adolescent chevelu j’ai exigé une mobylette. Mais pas n’importe quelle mobylette, parce que je voulais la même que les copains, et à l’époque, en 1994, ça s’appelait un scooter, et plus particulièrement un BW’S… Bien évidemment c’était trop cher neuf, et l’occasion n’était pas monnaie courante ; il n’y avait pas le bon coin pour faire des affaires rapides et faciles. Alors mon père m’a dégoté un 51 MBK Magnum racing. Rien que ça ! Malheureusement je n’ai plus de photo de la bête. La mienne ressemblait à peu près à ça, au début…

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C‘est avec cette petite machine que j’ai débuté sur deux roues, mais aussi (un peu) la mécanique. Avec l’aide de mon père, on l’avait repeinte en vert pomme et on avait « gonflé » le moteur. Enfin, j’avais simplement allégé les masselottes et mis un pot Bidalot… toute une époque où j’achetais MOBCHOP et je rêvais de Malossi, Polini, Ninja… La mob prenait 130 (enfin c’est ce que je disais aux potes) avec le vent dans le dos ! Je me rappelle qu’avec elle je me suis pris un belle gamelle, en short, sur des gravillons. Cette fois là, c’est ma mère qui m’a aidé à sortir les morceaux de cailloux que j’avais dans le genoux.

Durant de longues années après cet épisode de 49.9 je n’ai plus touché un deux roues. Et puis, aux alentours de 26 ans, j’ai décidé d’acheter un scooter. J’en avais marre des voitures et des embouteillages. J’ai acheté un Honda Panthéon 125. Pas besoin de permis à l’époque.

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Avec ça je me rendais à l’auto école pour passer mon permis moto. Je commençais à devenir sérieusement mordu de deux roues, et surtout de gros cube. Quand je croisais des motards j’étais mort de jalousie. Je les enviais, les salauds ! Avec leurs blousons, leurs cylindrées… je n’avais plus qu’une seule idée en tête. A part ça, ce scooter était sympa, mais rudement mou, à plus forte raison lorsque je le reprenais après une session moto école au guidon d’une Suzuki 500 GSE. C’était déjà deux mondes différents. Mais cela ne m’a pas empêché de me vautrer avec le Panthéon, et sur le périphérique qui plus est. Une belle gamelle qui a entièrement défoncée les plastiques du scooter. Une voiture m’avait coupé la route, et j’ai goûté du bitume pour la deuxième de ma vie, sauf que cette fois, ça allait bien plus vite.

Et puis, et puis j’ai eu mon permis A. Du premier coup celui là. Parce que pour la voiture j’ai dû m’y reprendre à deux fois. Là, du premier coup, nickel chrome. Le soir même j’achetais ma première vraie moto, une Honda 500 CBF. Que du bonheur. Je n’avais plus une seule voiture, mais simplement une moto, un antivol, un casque, un blouson, des gants, des gants d’hiver, une combinaison de pluie… bref, je découvrais la vie de motard, ses joies et ses galères.

Avec elle, j’ai roulé, beaucoup roulé. Je faisais régulièrement la liaison Toulouse-Marseille, par tous les temps, à toutes les heures du jour et de la nuit. Le pire a été ce jour d’octobre où la pluie n’a pas cessé d’un bout à l’autre du parcours. J’ai compris ce jour là le sens propre de l’expression « être trempé jusqu’aux os ». Et tous ces matins d’hiver pour aller au boulot… les mains gelées, les jambes brûlées par le froid. Et je pestais chaque printemps, quand je les voyais, tous ces motards du dimanche, ressortir leurs grosses cylindrées lustrées et qui avaient passé l’hiver bien au chaud !

Ce fut aussi la moto des premières grosses frayeurs. Le premier freinage d’urgence, en vrai, pas sur le plateau. Et puis le premier accident. Car c’est une coutume chez moi, vous l’aurez compris. Cette fois, c’était une gentille dame, qui partait au travail, comme moi, qui n’a pas daigné mettre son clignotant pour sortir de sa place de parking. La moto a fini épave, enfoncée dans l’aile avant de la voiture, et moi j’ai goûté au bitume pour la troisième fois de ma vie, sans gravité heureusement.

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Une fois les sous de l’assurance en poche, j’ai immédiatement racheté une moto. Il était hors de question pour moi de rester sur un accident. J’ai porté mon dévolu sur une moto qui m’a causé bien des soucis par la suite. Premièrement je suis allé la chercher à Caen. Sachant que j’habite à Toulouse. Mais cette Suzuki 750 GSX valait bien 900 km me disais-je alors.

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C‘est la première fois que je tombais amoureux d’une moto. De ma moto. J’adorais (et j’aime encore) sont look rétro, son gros pneu arrière, la anse du passager, la coque et le réservoir, enfin tout quoi. Pour la première fois aussi, j’ai décidé de me pencher sur son sort. Parce que je le sentais bien, elle avait des problèmes… J’ai commencé par l’esthétique sans trop me soucier du reste. Je l’avais faite repeindre en blanc, suite à une fuite au réservoir. J’avais monté dessus un Devil Carbon du plus bel effet. Elle était belle, mais belle… mais elle ratatouillait. Elle marchait souvent sur deux ou trois pattes. Ni une ni deux je m’inscrivais sur un forum pour tenter de trouver une solution, sans passer par un concessionnaire.

J‘ai démonté la rampe de carburateur dans le patio de mon immeuble, tout seul, sans tuto, sans manuel d’atelier, sans rien connaître. Et puis je l’ai nettoyé, et puis je l’ai remonté, et puis ma moto n’a pas marché très longtemps. Et pour cause, j’avais flingué tous les pointeaux, toutes les membranes, enfin bref, j’avais fait un carnage. 300 € plus tard elle fonctionnait déjà beaucoup mieux.

La seule chose que j’ai réussi à faire, c’est la vidange, mais j’en avais foutu partout… forcément avec une bouteille de 1.5 L pour récupérer 3.5 L d’huile, ça déborde. Et puis avec une trousse à outils pour seuls instruments, j’allais pas refaire un moteur. Mas à part cela, j’ai pas mal roulé avec l’Inazuma. Et, une fois n’est pas coutume, j’ai pris une belle gamelle sur la rocade en rentrant du boulot. Quatrième goûtage de bitume, une épaule en ruine et une énorme frayeur pour le chauffeur poids lourd qui me suivait. Malgré tout, cette moto j’ai réussi à la revendre en une seule pièce, et derrière j’ai acheté une Yamaha XJR 1300, mon deuxième amour, et j’en rêvais !

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Avec celle-ci, je suis vraiment entré dans le vif du sujet en mécanique. Mais avant tout, ma première impression lorsque je l’ai prise en mais, ce fut : « Wouah, quel pied, quel couple ! » C’est sur elle que j’ai commencé les gros travaux, non sans avoir la main légèrement tremblante. Grâce à un forum, j’ai mis les mains dans le cambouis. Au programme, réglage et synchro des carbus, changement des joints spis de fourche, purge des circuits hydrauliques, polissage des jantes, et même le jeu aux soupapes ! Alors pour le jeu aux soupapes, j’ai dû relire 40 fois la procédure avant de commencer et j’ai longuement hésité avant de m’y mettre. J’ai dû aussi me fournir en outillage, et depuis, les outils c’est une passion… J’ai gardé la moto un an et j’ai bien sûr trouvé le temps de tomber, et cette fois à cause d’une piétonne qui passait au rouge. Rien de grave, pour moi comme pour la piétonne, et comme pour la moto. Je l’ai bien revendu pour m’acheter une vieille ruine, celle que j’ai restauré dans ce blog. Une Suzuki GS 750 de 1978.

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Autant le dire tout de suite, après une XJR, cette Suzuki était une vraie plaie à conduire. Freinage médiocre, suspension hors du temps, maniabilité zéro, direction aléatoire. Au risque de passer pour un jeune con, je n’ai pas du tout aimé la conduire. Oui, je me suis cassé le dos à la restaurer pendant deux ans, et j’ai détesté la conduire. C’est pour cela que je l’ai démonté et vendue en pièce. Vous avez bien lu. Je l’ai démonté tellement cette moto je ne pouvais plus la voir. On m’a traité de fou, de tout, mais je suis comme ça. J’ai appris sur la mécanique comme jamais ne n’avais appris, je me suis fait la main et je ne regrette rien.

Depuis, je roule avec ça, et c’est bien plus amusant…

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